Dans le cadre de la mission thématique d’évaluation des Espaces de rencontre parents-enfants conduite par l’Inspection générale de la Justice, la FENAMEF a été auditionnée le 20 novembre 2025.
Le document transmis à cette occasion, récemment salué par un retour particulièrement qualitatif de l’inspection, dresse un état des lieux approfondi et sans concession du dispositif.Les Espaces de rencontre parents-enfants constituent aujourd’hui un outil central des politiques publiques de soutien à la parentalité. Ils permettent de maintenir, restaurer ou sécuriser le lien entre l’enfant et l’un de ses parents dans des situations où l’exercice du droit de visite ne peut se faire dans un cadre ordinaire : séparations hautement conflictuelles, violences intrafamiliales, ruptures profondes du lien, fragilités psychiques, d’addictions ou situations d’emprise.
Au fil des années, le champ d’intervention des Espaces de rencontre s’est considérablement élargi, tandis que les situations accueillies se sont complexifiées. Dans un contexte social dégradé , difficultés d’accès au logement, éloignement géographique des parents, augmentation des violences intrafamiliales , les Espaces de rencontre deviennent bien souvent le seul tiers sécurisant garant de la protection de l’enfant et de l’exécution effective des décisions judiciaires.
Pour autant, le document met en lumière un point de tension majeur : l’écart croissant entre les missions confiées aux Espaces de rencontre et les moyens humains, financiers et organisationnels qui leur sont alloués.
L’augmentation des prescriptions judiciaires, conjuguée à des financements insuffisamment revalorisés, génère des délais d’attente parfois incompatibles avec l’intérêt de l’enfant et fragilise la qualité de l’accompagnement proposé. Cette situation pèse fortement sur les équipes professionnelles, sans remettre en cause leur engagement, mais en révélant un déséquilibre structurel du dispositif.La mission souligne également les disparités territoriales importantes, l’absence d’indicateurs qualitatifs opposables dans le référentiel national actuel, et la prédominance d’une logique de contrôle administratif au détriment d’une véritable culture de l’évaluation qualitative des pratiques.
Face à ces constats,
la FENAMEF appelle à :
➜ et un renforcement de la coordination nationale entre les acteurs institutionnels concernés.
Ce document constitue une contribution majeure aux travaux en cours et un support stratégique pour porter collectivement les enjeux des Espaces de rencontre, au service de l’intérêt supérieur de l’enfant et de la protection des familles les plus vulnérables.


